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Le huitième passager

Et soudain, pof, il comprit de quoi le film parlait réellement.

Nom de nom, se dit-il, à minuit un dimanche soir, allongé sur son canapé, devant sa TV, alors que son chat s’étalait sur ses pieds, par-dessus la couverture, gardant un œil ouvert et l’autre fermé, la moustache légère et le menton vulnérable. Dehors il pleuvait encore ; normal : Roland Garros commençait le lendemain.

Récapitulons, pensa-t-il, alors que le générique de fin commençait à s’étirer.

D’abord, le réveil d’un sommeil en cocon.

L’arrivée dans l’inconnu d’une planète hostile.

Les œufs, non mais les œufs, c’était évident !

L’accouchement sanglant, argh.

L’ordinateur qu’ils appellent « maman ».

La rescousse du félin rouquin, enfant symbolique, alors que les autres membres de l’équipage se font trucider un par un (mon matou, c’est un européen tigré).

Alien, ça cause de maternité, de maternité et encore de maternité !

Il appuya sur veille, se mit en position fœtale, et s’endormit sur son canapé couleur sang.

JV
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