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Good Vibrations

J’ai parcouru les deux kilomètres qui me séparaient du rivage sur la mer gélifiée. Je me suis retourné plusieurs fois, boule au ventre, mais la vague Belharra restait suspendue en l’air, Max et son jet-ski y demeuraient incrustés. Chemin faisant, j’ai croisé d’autres surfeurs, des jet-skis, quelques bateaux : immobiles et tièdes. Tous semblaient vivants, mais quelqu’un avait appuyé sur « pause » dans le film de leur vie. Pas dans le mien.

J’ai continué à avancer sur la mer, apercevant clairement le fond, les roches et les poissons figés.

Une fois sur la plage, j’ai vu les gens, les voitures, les plantes dans leur posture fixe, c’était presque drôle. Le sable ne crissait pas sous mes pieds.

J’ai d’abord entendu un cri animal, plaintif et aigu. A mi-chemin entre l’aboiement et le barrissement. Il provenait de la dune, derrière le Bar Aloha. Puis deux, puis trois, et l’air s’est empli de ça.

Alors j’ai vu leurs oreilles, leurs yeux, leurs naseaux.

Je me suis mis à courir.

JV
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