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À mon corps défendant

Comme on habite une maison vide,
Comme on occupe un ventre creux,
Mon âme n’a que faire d’un corps si fier.
À l’extérieur, un crépi neuf,
Des fleurs au balcon, un parfum sucré.
À l’intérieur, des poutres friables,
Une grande salle sombre, des murs humides.
Et dans un coin, une petite fille,
Hurlant sa peine, criant sa douleur.
« Cette maison, est imposture.
La gangrène qui la pénètre,
Jamais ne gagnera la rue.
Tout peut pourrir, tout peut mourir,
Personne ne saura voir
L’étendue des moisissures,
Derrière sa façade fleurie.
Tout peut pourrir, tout peut mourir,
Les passants continueront
À s’émerveiller de sa stature,
Sans voir le mal qui me tarit ».
Ainsi je demeure, dans l’obscurité,
Lasse, triste et malade.
Ainsi je meure, dans ma maisonnée,
À mon corps défendant.

GG
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