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Beach Boy

Tout s’est figé d’un coup.

J’étais derrière Max sur un jet-ski, dans le creux de la vague géante, appelée Belharra, à deux kilomètres de la côte du Pays Basque. Le bruit était assourdissant, mon cœur battait à 120, je serrais Max et je plissais les yeux dans l’écume qui jaillissait de tous côtés. Nous filions à 60 km/h, en train d’entrer dans ce « tube ».

Maintenant plus rien ne bouge. Silence absolu, sauf mon cœur qui bat trop vite. Je crie : « Max, hey ! ». Max est statufié. Sa peau est chaude, un peu dure mais souple, il ne bouge pas. Je le lâche. Tout est fixe autour de moi, comme dans une cathédrale liquide irréelle, en 3 D et en suspension. Je contemple le spectacle, me pince pour vérifier que je ne dors pas. Je touche le jet ski resté chaud.

Après deux minutes de stupeur, je pose un pied sur la surface liquide de cette mer devenue solide. C’est un peu mou, frais : on dirait un tapis gélifié.

Dans un silence absolu, je décide de rejoindre la côte en marchant sur l’eau.

JV
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